Le vendredi 18 septembre 2026, nous avons eu le plaisir de recevoir Adrian Favell, Directeur fondateur du Radical Humanities Laboratory de l’Université College Cork (Irlande) et professeur de théorie sociale et politique, pour une série d’événements organisés par l’ERIQA, le Centre Jean Monnet et le CRIDAQ dans les bâtiments de l’Université de Montréal.
La journée a débuté pour Adrian Favell par une rencontre-discussion avec une dizaine d’étudiant.es de l’Université de Montréal et Concordia. Cette rencontre a été une belle opportunité pour ces dernier.es d’échanger sur leurs sujets de recherche respectifs et de se rencontrer autour de leurs intérêts communs pour les questions migratoires. Ces échanges ont permis d’établir des ponts entre les différentes disciplines représentées (sciences politiques, géographie) et de réfléchir ensemble aux enjeux qui traversent la recherche académique, comme la positionnalité vis-à-vis de son objet ou la décolonisation des différents champs d’études.

La matinée s’est poursuivie par la conférence d’Adrian, intitulée « Migration comme décolonisation ? L’économie politique volatile des migrations et mobilités en Europe » et donnée exceptionnellement en français.
Adrian Favell a tout d’abord présenté MIGMOBS, un projet interuniversitaire de recherche dont il est responsable, portant sur la reproduction des inégalités globales au travers des changements dans la classification des populations mobiles. Ce projet propose de repenser la manière dont est appréhendée la migration, trop souvent réduite à certaines catégories de mobilité. Au travers de la présentation des différents travaux récents réalisés par le collectif de recherche, Adrian Favell a montré que la part de la migration observable dans la croissance exponentielle des mobilités depuis plusieurs décennies est en réalité infime comparée à d’autres formes de mobilité plus invisibilisées, comme le tourisme ou le libre mouvement des capitaux et des services. Cette « migration invisible » d’individus qui peuvent se déplacer sans être comptés a une incidence forte sur la manière dont la migration est perçue par les sociétés, d’autant plus lorsqu’elle est instrumentalisée dans les discours politiques. La finalité du projet porté par Adrian Favell et ses collègues est de voir comment les États-nations dans le système capitaliste global ont pu jouer avec les catégories et les ambiguïtés entre migration et mobilité pour servir leurs politiques extractives et de sélection des immigrant.es. La conférence s’est conclue sur une période de questions-réponses entre le chercheur et les participant.es à la conférence.




L’ÉRIQA tient à remercier Adrian Favell pour sa présence et pour le partage de son temps, de ses travaux et de ses réflexions lors de la conférence et avec les étudiant.es. Un grand merci aussi à toutes les personnes ayant participé aux différents échanges. Merci également aux différentes personnes et collectifs qui ont contribué à la réalisation de ces événements (Centre Jean Monnet, CRIDAQ, l’équipe de l’ERIQA), aux modératrices Luna Vives et Catherine Xhardez qui ont animé la conférence, et à l’Université de Montréal pour l’accueil au sein du campus MIL.
