“La politique et les politiques de l’immigration au Québec”, un numéro spécial publié récemment dans Politique et Sociétés et dirigé par les membres ÉRIQA Catherine Xhardez, Adèle Garnier et Mireille Paquet. Le numéro est introduit pas les trois autrices: Introduction. La politique et les politiques de l’immigration au Québec.
Ce numéro spécial de la revue vise à mieux comprendre les débats, les enjeux et les comportements politiques contemporains liés à l’immigration dans la province, tout en offrant un éclairage empirique sur les façons dont le Québec intervient dans le domaine migratoire. Il propose une approche originale, qui étudie sous de nouveaux angles la politique (politics) et les politiques (policy) de l’immigration au Québec.
Plusieurs membres de l’ÉRIQA ont contribué au numéro.
Notre membre Antoine Bilodeau signe un article avec Audrey Gagnon: Préférences pour l’origine des immigrants et en matière d’acculturation : l’effet structurant des conceptions de l’identité nationale au Québec. Résumé:
Les Québécois ont-ils des préférences quant à l’origine des immigrants à admettre ? Quelles sont leurs attentes en matière d’acculturation ? Cette étude mobilise des données d’un sondage auprès de Québécois du groupe majoritaire afin d’explorer leurs préférences quant à l’origine des immigrants et l’acculturation. Elle explore ensuite la prévalence des conceptions civique, ethnique et culturelle de l’identité nationale chez ces Québécois et analyse la relation entre ces conceptions et les préférences exprimées. Les analyses montrent que bien que les Québécois ont généralement des opinions positives à propos de l’immigration, ces opinions ne sont pas généralisées aux immigrants en provenance de tous les pays.
Enfin, notre membre Lara Gautier, avec Erica Di Ruggiero et Nassera Touati, ont contribué au numéro avec l’article Champions du lien vers les services et de la réponse sensible aux besoins des personnes réfugiées, demandeuses d’asile et sans statut : le rôle central des intermédiaires de la première ligne issus du milieu communautaire. Résumé:
Les personnes réfugiées, demandeuses d’asile et sans statut connaissent des conditions de vie précaires, causées en grande partie par des structures et des politiques inadéquates qui les empêchent de réaliser leur potentiel d’intégration dans la société. Afin de réduire les facteurs de vulnérabilité qui affectent ces populations migrantes, les organisations des secteurs public et communautaire déploient des efforts de coordination à travers des initiatives intersectorielles. La mise en oeuvre de ces collaborations repose sur ceux que nous appelons les « intermédiaires de la première ligne » (regroupant des travailleurs sociaux, les intervenants communautaires, etc. – principalement employés ou bénévoles du secteur communautaire). Ces intermédiaires, qu’on peut rapprocher du concept lipskyen de « street-level bureaucrats », agissent au plus près des populations et fournissent des soins holistiques (p. ex. : soutien psychosocial et aide alimentaire) qui s’attaquent aux conditions de vie précaires des personnes réfugiées, demandeuses d’asile et sans statut. Notre article analyse le rôle central des intermédiaires de la première ligne à travers trois défis majeurs relevés par Michael Lipsky : le défi de la marge de manoeuvre, celui de l’imputabilité et celui des ressources. L’article termine sur un plaidoyer pour que le gouvernement québécois valorise les actions de proximité réalisées par le milieu communautaire à leur juste valeur, et qu’il reconnaisse les acteurs de ce milieu non seulement comme « agents de mise en oeuvre », mais aussi comme partenaires dans la formulation des programmes et des politiques d’accès aux services.
Retrouvez le numéro complet en accès libre sur la plateforme Erudit.
Politique et Sociétés est une revue québécoise de science politique dirigée par Sule Tomkinson, membre ERIQA et professeure à l’Université Laval.
